Il n'y a pas de croissance sans objectifs : courir vite dans la mauvaise direction reste courir dans la mauvaise direction.
Courir vite dans une mauvaise direction, c’est quand même courir dans une mauvaise direction.
La compétence la plus importante, et la plus négligée, pour grandir, c’est l’introspection. Prendre le temps de regarder en soi et décider ce qu’on veut vraiment. C’est là qu’entrent les objectifs.
Pour être précise : un objectif, c’est le résultat ou la destination souhaitée, l’endroit vers lequel tu veux que tes efforts te mènent.
À chaque fois que quelqu’un vient me voir pour de la productivité, je commence par lui faire définir ses objectifs et le « pourquoi » derrière. Une esquisse du futur idéal informe les actions présentes. Comme l’observe le Chat du Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles : sans destination, peu importe la direction.
Sans objectif, on se retrouve perpétuellement perdu, à courir de plus en plus vite sans faire de vrai progrès. Les objectifs donnent une clarté directionnelle : un test simple pour décider où allouer son temps, son énergie, son attention chaque jour.
« Commencer avec des horizons inconfortablement longs. Sur une échelle de temps suffisamment longue, tout ce que les lois de la physique n’interdisent pas est théoriquement possible. »
Je commence toujours avec des objectifs à 25 ans, un horizon suffisamment long pour retirer le concept d’ »impossible » de l’équation. Cadrer ses actions court terme comme nécessaires à la poursuite d’accomplissements ambitieux et gratifiants a été démontré comme augmentant significativement la motivation.
Urgent vs Important
Cette orientation long terme est ce qui permet de distinguer l’Important de l’Urgent.
Important
Valeur durable qui se compose. Fait vraiment avancer les choses. Ouvre de nouvelles opportunités et capacités.
Urgent
Valeur qui décroît. Emails, travail dicté par les deadlines. Éteindre des feux plutôt qu’en prévenir.
Avec un focus long terme, on dirige son énergie vers construire des structures qui étendent sa portée vers le haut. C’est la différence entre éteindre des feux et en prévenir.
Le Vrais coût d’opportunité
La question « est-ce que ça me mène vraiment à mes objectifs ? » crée des arbitrages clairs, qu’il vaut mieux résoudre en amont. C’est pourquoi il est critique d’intérioriser le coût d’opportunité.
Fondamentalement : lire cet article coûte littéralement tout ce que tu pourrais faire d’autre à cette seconde.
Avec ce prisme, nos objectifs moins importants sont en réalité des obstacles, ils viennent au détriment de nos objectifs les plus importants. Un coût invisible, mais très réel. Ces objectifs secondaires deviennent temporairement ta « Not to Do List », ce qui préserve ton focus.
« La vie est un buffet géant avec plus de délicieuses alternatives que tu ne pourras jamais espérer goûter. Tu dois donc renoncer à certaines choses que tu veux pour obtenir celles que tu veux davantage. » Ray Dalio — Principles
Les compétences essentielles de la gestion du temps sont la planification et la réflexion. On est intentionnel sur où le temps est dépensé, et on se recalibre constamment pour coller à ses objectifs long terme. Si allouer du temps à un nouveau projet nous rapproche de nos objectifs les plus importants, on priorise. Sinon, on dit non ou on limite consciemment les ressources.
Pas de croissance sans objectifs, seulement de la vitesse
La vie, à son cœur, est un jeu en solo. On écrit les règles. On tient le score. On décide comment définir et mesurer son propre succès.
Si on définit la croissance comme « avancer vers un état désiré », alors grandir n’a aucune valeur objective indépendante d’un objectif.
Je parle d’expérience : la « croissance » en mode ouvert est une perte de temps. J’ai passé des années à travailler vers une quête nébuleusement définie « d’amélioration de moi-même ». Sans projet important sur lequel concentrer mes efforts, les années ont passé avec souvent peu à montrer.
Personne ne peut te dire quoi valoriser ou poursuivre dans la vie. Mais je suis très qualifiée pour souligner l’importance de donner à ce processus l’attention qu’il mérite.
Les objectifs ne sont pas une contrainte, ils sont une libération. Savoir où tu vas rend chaque décision plus facile. Et rend le « non » infiniment plus simple à dire.
L'origine et les limites du cadre : les critères SMART.




